mercredi 2 avril 2008

Le commerce équitable



« Fair trade, not aid » (« un commerce juste, pas de charité »), est la phrase prononcée en 1964, à Genève, lors de la première conférence des Nations Unies pour le commerce et le développement. En France, dès 1971, l’Abbé Pierre lance, de retour du Bangladesh, l’Appel aux communes de France, un programme d’aide qui sera notamment financé par la vente de produits du tiers-monde. En 1974, la première boutique Artisans du Monde ouvre à Paris. Dix ans plus tard, l’association crée Fam-Import (devenue Solidar’Monde), une centrale d’achat dédiée aux produits équitables. Ce n’est qu’en 1988 que le premier label privé du commerce équitable, Max Havelaar, est crée aux Pays-Bas, et verra le jour en France en 1992.



Le commerce équitable est avant tout un commerce dont l’objectif est, à terme, de modifier profondément les règles de l’échange entre le Nord et le Sud ; soit de garantir à ses petits producteurs des conditions de vie décentes, de leur donner la possibilité de prendre en charge eux-mêmes leur développement (prix stables pour ne pas dépendre de l’arbitraire du marché, respect de l’environnement et de la justice sociale, transparence financière…).



Le Commerce Equitable a vu le jour en GD en 2002 pour Monoprix et en 2003, pour Cora, et ne cesse désormais d’évoluer. En effet, après une forte demande des « consom’acteurs » et au fil du degré d’engagement de nombreuses enseignes (Atac, Champion, Géant, Intermarché…), 90% des produits équitables alimentaires sont vendus en Grande Distribution, et 10% sont vendus dans les magasins alternatifs et sur Internet.



Ce succès n’est pas sans générer quelques contradictions, puisque les principes de base du Commerce Equitable et de la grande distribution sont plutôt opposés. De plus, ce choix de distribution a fait l’objet de nombreuses discussions au sein même du mouvement du Commerce Equitable et suscite toujours des débats.





Il est intéressant de savoir si la Grande Distribution est un circuit indispensable à l’évolution du Commerce Equitable. De part le quasi monopole des centrales d’achats, l’intégration du Commerce Equitable est difficile en linéaire. La Grande Distribution met en place des marges arrière auprès de ces fournisseurs et ils doivent absolument remplir ces conditions s’ils veulent s’implanter en Grande surface, ce qui est obligatoire pour eux afin de toucher un large public et d’avoir un retour sur investissement conséquent.



La Grande Distribution et le Commerce Equitable s’affrontent également sur un autre point : les principes moraux que défendent et prônent les acteurs du Commerce Equitable et les logiques commerciales représenté par les « géants de la distribution ».



Cependant, le Commerce Equitable a besoin de s’implanter en Grande Distribution pour augmenter ses volumes de ventes et, par le poids de cette dernière, accroître sa notoriété pour toucher davantage de public. Aussi, la présence des produits du Commerce Equitable en Grande Distribution provoque de nombreuses contradictions.



A travers nos recherches nous avons pu comprendre que le Commerce Equitable est devenu une stratégie marketing. Cependant, il est important de faire changer les entreprises en profondeur et grâce aux consommateurs de plus en plus avertis, ils font pression sur les grands groupes multinationaux. L’augmentation des parts de marché du Commerce Equitable un peu partout en Europe oblige les grandes compagnies à investir dans la production durable.



Mais nous remarquons que la Grande Distribution ne pourra jamais complètement se substituer aux circuits de distribution alternatifs tels que les magasins Biocoop et Artisans du Monde.



Laureline et Mélanie

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